Un peu d'histoire

Les origines

Manneville, du latin Magna Villa (grand domaine), doit son surnom "La Goupil" aux seigneurs du lieu nommés "Le Goupil".

Un cimetière romain à incinérations, des trois premiers siècles, a été découvert en 1858 au lieu dit Le Chambray. Une cinquantaine de vases furent exhumés. M. L'abbé Cochet, en 1861, a découvert une urne grise couverte d'un plateau noir. Elle contenait, outre des os brûlés, une coupe de verre, trois palets en os et trois monnaies de bronze du Haut-Empire.

Le temps des Seigneurs

On trouve un seigneur de Manneville à la bataille d’Hastings en 1066. Manneville est un quart de fief relevant du roi.

En 1180, Ricard de Bordemare et Odin de Magneville figurent sur les Grands Rôles de l'Echiquier.

Au XIIIème siècle, l’agriculture est basée sur l’exploitation de la guède ou pastel du teinturier.

En octobre 1375, Guillaume Martel, sire de Bacqueville, nomme à l’église après démission de Guillaume d’Estouteville, évêque d’Evreux. Il possède donc le droit de patronage, tandis que le chapitre de Rouen possède le droit de présentation, et que l’archevêque de Rouen possède, lui, le droit de collation. En 1577, Jean du Bec vend le Fief de Manneville-la-Goupil à Antoine de Clercy, relevant du Roi. C'est un domaine fieffé, avec droit de patronage à la cure de Manneville. En sont tenues en arrière-fiefs les sieuries de Tolleville, Table-de-Dun, Goustimesnil et Bourdemare. Bourdemare revient alors aux mains des Des Pommares qui l'avaient vendu à Jean du Bec en 1575 avec le fief de Ste-Marguerite.

Le blason des Clercy :

 

La seigneurie de La Goupil est le surnom de la commune attesté au XIVème siècle. En 1521, Guillaume de Clercy est sieur de la Goupil. En 1539, La Goupil est un huitième de fief relevant de la terre et de la seigneurie de Clercy (Bornambusc). . Louis XIV, par lettres patentes d’octobre 1656, lui donne son indépendance et l’incorpore à la seigneurie de Manneville. En 1663, la baronnie est établie au profit de Jacques Bourgeoise de Pommerval (Pommeréval).

En 1585, Guillaume des Pommares est anobli pour faits d'armes au service du roi. Il possède la Vavassorerie de Bourdemare et doit hommage au seigneur de Manneville. Le fief de Manneville appartient à l'époque à la famille de Clercy, de Bornambusc. Guillaume des Pommares se mesura en duel avec son seigneur dominant, Jean de Clercy et le tue. La vavassorerie de Bourdemare et autres héritages font l'objet d'une saisie féodale en faveur des enfants mineurs de Jean de Clercy. Ce n'est que 73 ans plus tard que Louis XIV accorde son pardon au petit-fils.

En 1780, Bourdemare appartient toujours aux Des Pommares (Dépommares). Laurent Gervais l'occupe pour 2300 l. par an (6 acres de cour et 116 acres de terre). La ferme seigneuriale du sieur de Pommeréval (12 acres de cour et 150 acres de terre) est louée pour 2000 l à Charles Malandain.

Carte de Cassini  (Manneville la Goupil au XVIIIe siècle)

 

 

Une période révolutionnaire agitée à Manneville-la-Goupil

 Rebondissements, terreur, pénuries, effort de guerre, délations, arrestations... Manneville-la-Goupil n'a pas échappé aux agitations liées à la période révolutionnaire.

A la révolution, Manneville-la-Goupil fait partie du canton de Bréauté et du district de Montivilliers. Elle compte en 1790 741 habitants et 54 citoyens inscrits sur la liste électorale. Pour pouvoir être électeur, il fallait être de sexe masculin, avoir plus de 25 ans, résider dans la commune depuis plus d'un an, payer une contribution annuelle représentant au moins trois jours de travail, ne pas être domestique ou serviteur à gages, et ne pas être pauvre !

Le "conseil général", de 17 membres, était formé :

  • Du corps municipal : le maire, l'adjoint et trois officiers municipaux
  • Du conseil des notables : 12 membres
  • Il était complété par un procureur de la commune